La maison de Vallangoujard

En 1901, la façade du 29, avenue Rapp était primée au concours des façades de la ville de Paris et Jules poursuit son oeuvre au 134 rue de Grenelle. Mais nous avons retrouvé une maison de campagne qui s’insère entre les deux, dont on connaissait l’existence seulement par le CV de Jules Lavirotte établi en 1907. Il s’agit d’une maison située à Vallangoujard dans le Val d’Oise.

En octobre 2017, nous avions repéré, dans ce village de 650 habitants, une maison dont le style pouvait faire penser que la piste était bonne. La souche de cheminée porte le monogramme en fer forgé dans lequel on repère les lettres J et L.

Quelques mois plus tard, en mai 2018, le propriétaire a accepté que nous visitions sa propriété. Il nous a ainsi appris qu’elle datait de 1902. La date correspondait donc, mais la maison aurait pu être détruite ou transformée totalement. Il fallait une preuve.

Des détails découverts lors de la visite ont permis de conclure que c’était bien « la » maison conçue par Jules Lavirotte : cheminée monumentale ornée par des grès de Bigot, portail et vitraux « Art Nouveau » et, preve irréfutable, la base du puits dans le jardin est ornée d’aubergines, prédilection récurrente de l’architecte.


A l’origine existait un corps de bâtiment orienté perpendiculairement à la rue. Le projet a consisté à l’agrandir côté jardin (avec oriel au rez-de-chaussée et balcon), à construire la tour qui contient la salle à manger en façade principale et à reconvertir les communs le long de la rue, de part et d’autre du portail en bois créé pour l’occasion (mais en partie modifié depuis).

Le syle de la maison est un mélange d’Art Nouveau (courbes du portail, fer forgé du puits, utilisation de la céramique animalière, présence de vitraux floraux), et d’éclectisme (pans de bois peint, briques rouges apparentes, enduits clairs) et de pittoresque (toitures en tuiles avec débords généreux, structure visible des plafonds).

Une belle découverte

Quoique plus modeste qu’un immeuble parisien, c’est un projet intéressant qui permet d’agrandir nos connaissances de l’oeuvre construite de Jules Lavirotte, plus variée qu’on ne le pense souvent. Il manque encore la maison du Creusot pour être -presque – exhaustif.